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Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

Dimanche du Paralytique

Jn 5,1–15

Texte grec

1 ΜΕΤΑ ταῦτα ἦν ἡ ἑορτὴ τῶν Ἰουδαίων, καὶ ἀνέβη ὁ Ἰησοῦς εἰς Ἱεροσόλυμα.

2 ἔστι δὲ ἐν τοῖς Ἱεροσολύμοις ἐπὶ τῇ προβατικῇ κολυμβήθρᾳ, ἡ ἐπιλεγομένη ἑβραϊστὶ Βηθεσδά, πέντε στοὰς ἔχουσα.

3 ἐν ταύταις κατέκειτο πλῆθος πολὺ τῶν ἀσθενούντων, τυφλῶν, χωλῶν, ξηρῶν, ἐκδεχομένων τὴν τοῦ ὕδατος κίνησιν.

4 ἄγγελος γὰρ κατὰ καιρὸν κατέβαινεν ἐν τῇ κολυμβήθρᾳ, καὶ ἐταράσσετο τὸ ὕδωρ· ὁ οὖν πρῶτος ἐμβὰς μετὰ τὴν ταραχὴν τοῦ ὕδατος ὑγιὴς ἐγίνετο ᾧ δήποτε κατείχετο νοσήματι.

5 ἦν δέ τις ἄνθρωπος ἐκεῖ τριάκοντα καὶ ὀκτὼ ἔτη ἔχων ἐν τῇ ἀσθενείᾳ αὐτοῦ.

6 τοῦτον ἰδὼν ὁ Ἰησοῦς κατακείμενον, καὶ γνοὺς ὅτι πολὺν ἤδη χρόνον ἔχει, λέγει αὐτῷ· θέλεις ὑγιὴς γενέσθαι;

7 ἀπεκρίθη αὐτῷ ὁ ἀσθενῶν· Κύριε, ἄνθρωπον οὐκ ἔχω, ἵνα ὅταν ταραχθῇ τὸ ὕδωρ, βάλῃ με εἰς τὴν κολυμβήθραν· ἐν ᾧ δὲ ἔρχομαι ἐγώ, ἄλλος πρὸ ἐμοῦ καταβαίνει.

8 λέγει αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς· ἔγειρε, ἆρον τὸν κράβαττόν σου καὶ περιπάτει.

9 καὶ εὐθέως ἐγένετο ὑγιὴς ὁ ἄνθρωπος, καὶ ἦρε τὸν κράβαττον αὐτοῦ καὶ περιεπάτει. ἦν δὲ σάββατον ἐν ἐκείνῃ τῇ ἡμέρᾳ.

10 ἔλεγον οὖν οἱ Ἰουδαῖοι τῷ τεθεραπευμένῳ· σάββατόν ἐστιν· οὐκ ἔξεστί σοι ἆραι τὸν κράβαττον.

11 ἀπεκρίθη αὐτοῖς· ὁ ποιήσας με ὑγιῆ, ἐκεῖνός μοι εἶπεν· ἆρον τὸν κράβαττόν σου καὶ περιπάτει.

12 ἠρώτησαν οὖν αὐτόν· τίς ἐστιν ὁ ἄνθρωπος ὁ εἰπών σοι, ἆρον τὸν κράβαττόν σου καὶ περιπάτει;

13 ὁ δὲ ἰαθεὶς οὐκ ᾔδει τίς ἐστιν· ὁ γὰρ Ἰησοῦς ἐξένευσεν ὄχλου ὄντος ἐν τῷ τόπῳ.

14 μετὰ ταῦτα εὑρίσκει αὐτὸν ὁ Ἰησοῦς ἐν τῷ ἱερῷ καὶ εἶπεν αὐτῷ· ἴδε ὑγιὴς γέγονας· μηκέτι ἁμάρτανε, ἵνα μὴ χεῖρόν σοί τι γένηται.

15 ἀπῆλθεν ὁ ἄνθρωπος καὶ ἀνήγγειλε τοῖς Ἰουδαίοις ὅτι Ἰησοῦς ἐστιν ὁ ποιήσας αὐτὸν ὑγιῆ.

Français (Louis Segond)

1Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

2Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.

3Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l’eau ;

4car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau ; et celui qui y descendait le premier après que l’eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.

5Là se trouvait un homme malade depuis trente -huit ans.

6Jésus, l’ayant vu couché, et sachant qu’il était malade depuis longtemps , lui dit : Veux-tu être guéri ?

7Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine quand l’eau est agitée, et, pendant que j’y vais , un autre descend avant moi.

8Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche.

9Aussitôt cet homme fut guéri ;  il prit son lit, et marcha.

10C’était un jour de sabbat . Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri : C’est le sabbat ; il ne t’est pas permis d’emporter ton lit.

11Il leur répondit : Celui qui m’a guéri  m’a dit : Prends ton lit, et marche.

12Ils lui demandèrent  : Qui est l’homme qui t’a dit : Prends ton lit, et marche ?

13Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était ; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.

14Depuis , Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire.

15Cet homme s’en alla, et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

Unité de pensée

Le chapitre cinq forme une seule unité de pensée autonome. Notre lecture d’aujourd’hui comprend les 15 premiers versets du chapitre et relate la guérison du paralytique. Bien que nous nous concentrions sur ce récit dans notre lecture dominicale, il sert en fait d’introduction au reste du chapitre, qui devient (après un bref dialogue) un long monologue du Christ. C’est l’enseignement du Christ qui est la véritable substance, dont le miracle est le signe authentifiant.

Notes

Puisque la Nouvelle Jérusalem, la cité céleste de Dieu, contient l’arbre de vie dont les feuilles « servaient à la guérison des nations » (Ap 22,2), la lecture de dimanche dernier nous invitait à comprendre que sa puissance de guérison n’était pas liée au temple de Jérusalem. La lecture d’aujourd’hui nous invite à comprendre que cette puissance n’était pas davantage liée à la synagogue, qui se rassemblait le jour du sabbat prescrit par la Loi mosaïque (symbolisée par la piscine aux cinq portiques). Le message de la résurrection est suggéré par la triple mention de l’ordre « prends ton lit, et marche » (v. 8, 11, 12), introduit par l’ordre « lève-toi » (ἔγειρε).

Cependant, comme Paul l’a systématiquement enseigné (Ga 5,16-26 ; Rm 8,1-14), cette « liberté » ne doit pas être comprise comme une permission de faire tout ce qui nous plaît, mais plutôt comme un appel à « marcher », c’est-à-dire selon la loi du Christ (Ga 6,2) et de l’esprit de vie (Rm 8,2), dont le commandement est de « ne plus pécher » (Jn 5,14). Voilà après tout ce qu’est la résurrection de Jésus : une nouvelle « manière de vivre », et non des « formules de foi orthodoxes » :

« Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. … Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme  morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. » (Rm 6,3-4.10-14)

Ressources complémentaires

Charles H. Talbert, Reading John, Crossroads Publishing Company, New York, 1992, p. 121 et suiv..

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 3: Johannine Writings, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2004, p. 165-168.