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Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

19e dimanche après la Pentecôte

Lc 16,19–31

Texte grec

19 Ἄνθρωπος δέ τις ἦν πλούσιος, καὶ ἐνεδιδύσκετο πορφύραν καὶ βύσσον εὐφραινόμενος καθ᾿ ἡμέραν λαμπρῶς. 20 πτωχὸς δέ τις ἦν ὀνόματι Λάζαρος, ὃς ἐβέβλητο πρὸς τὸν πυλῶνα αὐτοῦ ἡλκωμένος 21 καὶ ἐπιθυμῶν χορτασθῆναι ἀπὸ τῶν ψιχίων τῶν πιπτόντων ἀπὸ τῆς τραπέζης τοῦ πλουσίου· ἀλλὰ καὶ οἱ κύνες ἐρχόμενοι ἀπέλειχον τὰ ἕλκη αὐτοῦ. 22 ἐγένετο δὲ ἀποθανεῖν τὸν πτωχὸν καὶ ἀπενεχθῆναι αὐτὸν ὑπὸ τῶν ἀγγέλων εἰς τὸν κόλπον Ἀβραάμ· ἀπέθανε δὲ καὶ ὁ πλούσιος καὶ ἐτάφη. 23 καὶ ἐν τῷ ᾅδῃ ἐπάρας τοὺς ὀφθαλμοὺς αὐτοῦ, ὑπάρχων ἐν βασάνοις, ὁρᾷ τὸν Ἀβραὰμ ἀπὸ μακρόθεν καὶ Λάζαρον ἐν τοῖς κόλποις αὐτοῦ. 24 καὶ αὐτὸς φωνήσας εἶπε· πάτερ Ἀβραάμ, ἐλέησόν με καὶ πέμψον Λάζαρον ἵνα βάψῃ τὸ ἄκρον τοῦ δακτύλου αὐτοῦ ὕδατος καὶ καταψύξῃ τὴν γλῶσσάν μου, ὅτι ὀδυνῶμαι ἐν τῇ φλογὶ ταύτῃ. 25 εἶπε δὲ Ἀβραάμ· τέκνον, μνήσθητι ὅτι ἀπέλαβες σὺ τὰ ἀγαθά σου ἐν τῇ ζωῇ σου, καὶ Λάζαρος ὁμοίως τὰ κακά· νῦν δὲ ὧδε παρακαλεῖται, σὺ δὲ ὀδυνᾶσαι· 26 καὶ ἐπὶ πᾶσι τούτοις μεταξὺ ἡμῶν καὶ ὑμῶν χάσμα μέγα ἐστήρικται, ὅπως οἱ θέλοντες διαβῆναι ἔνθεν πρὸς ὑμᾶς μὴ δύνωνται, μηδὲ οἱ ἐκεῖθεν πρὸς ἡμᾶς διαπερῶσιν. 27 εἶπε δέ· ἐρωτῶ οὖν σε, πάτερ, ἵνα πέμψῃς αὐτὸν εἰς τὸν οἶκον τοῦ πατρός μου· 28 ἔχω γὰρ πέντε ἀδελφούς· ὅπως διαμαρτύρηται αὐτοῖς, ἵνα μὴ καὶ αὐτοὶ ἔλθωσιν εἰς τὸν τόπον τοῦτον τῆς βασάνου. 29 λέγει αὐτῷ Ἀβραάμ· ἔχουσι Μωϋσέα καὶ τοὺς προφήτας· ἀκουσάτωσαν αὐτῶν. 30 ὁ δὲ εἶπεν· οὐχί, πάτερ Ἀβραάμ, ἀλλ᾿ ἐάν τις ἀπὸ νεκρῶν πορευθῇ πρὸς αὐτούς, μετανοήσουσιν. 31 εἶπε δὲ αὐτῷ· εἰ Μωϋσέως καὶ τῶν προφητῶν οὐκ ἀκούουσιν, οὐδὲ ἐάν τις ἐκ νεκρῶν ἀναστῇ πεισθήσονται.

Français (Louis Segond)

19Il y avait un homme riche,  qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.

20Un pauvre, nommé Lazare,  était couché à sa porte, couvert d’ulcères,

21et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.

22Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham.  Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.

23Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

24Il s’écria  : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme.

25Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ;  maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.

26D’ailleurs , il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou  de là  vers nous, ne puissent le faire.

27Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères.

28C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.

29Abraham répondit  : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.

30Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.

31Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.

Unité de pensée

Le chapitre 16 forme une seule unité avec deux paraboles principales aux accents totalement différents, qui commencent par l’expression : « Il y avait un homme riche. » La première met en valeur l’économe avisé qui agit résolument pour assurer son avenir face au jugement qui vient, avec l’avertissement adressé aux disciples d’en faire autant. La seconde s’en prend aux pharisiens et à ceux qui pensent que leur richesse (quelle que soit la manière dont on la définit) leur confère un certain statut, tout en négligeant ceux qui n’ont aucun statut.

Notes

Cette parabole porte sur la centralité et la valeur permanente de la Loi et des Prophètes, c’est-à-dire de la parole de Dieu telle qu’elle est inscrite dans les paroles de l’Ancien Testament, pour les disciples de Jésus. Cela est corroboré par l’affirmation introductive : « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. » (Lc 16,16-17)

C’est cette parole qui, selon Paul, enseigne de bout en bout que l’amour du prochain est la quintessence de la volonté de Dieu et donc la clé de notre héritage du royaume (Ga 5,6.14.21-23). De plus, selon le même Paul, l’expression centrale de cet enseignement est la communion de table (Ga 2,1-14).

Dans cette parabole, le Juif, riche en ce que la Loi et les Prophètes lui ont été confiés (remarquez qu’il en connaît le contenu, Lc 16,29-31 ; voir aussi Rm 3,1-2), ne veut pas partager même les miettes de sa table avec le païen Lazare (remarquez comment celui-ci vit avec les chiens ; voir Mt 15,6.26-27 ; Mc 7,27-28). Pourtant, Lazare (dont le nom signifie en hébreu « Dieu est [mon] aide ») est sauvé par la miséricorde de Dieu, comme l’enseigne l’Évangile, tandis que le riche encourt la malédiction de la Loi parce qu’il la transgresse. Même la résurrection des morts ne lui sera d’aucun secours, puisque la fonction de la résurrection n’est pas de nous sauver, mais de nous amener au jugement. Seule notre fidélité à la volonté de Dieu nous permet d’hériter le royaume.

Ressources complémentaires

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 2: Luke and Acts, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2001, p. 143-36.

Charles H. Talbert, Reading Luke, Smith & Helwys Publishing, Macon, GA, 2002, p. 183-188.