OCABS Toutes les notes

Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

Dimanche de la Samaritaine

Jn 4,5–42

Texte grec

5 ἔρχεται οὖν εἰς πόλιν τῆς Σαμαρείας λεγομένην Συχάρ, πλησίον τοῦ χωρίου ὃ ἔδωκεν Ἰακὼβ Ἰωσὴφ τῷ υἱῷ αὐτοῦ·

6 ἦν δὲ ἐκεῖ πηγὴ τοῦ Ἰακώβ. ὁ οὖν Ἰησοῦς κεκοπιακὼς ἐκ τῆς ὁδοιπορίας ἐκαθέζετο οὕτως ἐπὶ τῇ πηγῇ· ὥρα ἦν ὡσεὶ ἕκτη.

7 ἔρχεται γυνὴ ἐκ τῆς Σαμαρείας ἀντλῆσαι ὕδωρ. λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς· δός μοι πιεῖν.

8 οἱ γὰρ μαθηταὶ αὐτοῦ ἀπεληλύθεισαν εἰς τὴν πόλιν ἵνα τροφὰς ἀγοράσωσι.

9 λέγει οὖν αὐτῷ ἡ γυνὴ ἡ Σαμαρεῖτις· πῶς σὺ Ἰουδαῖος ὢν παρ᾿ ἐμοῦ πιεῖν αἰτεῖς, οὔσης γυναικὸς Σαμαρείτιδος; οὐ γὰρ συγχρῶνται Ἰουδαῖοι Σαμαρείταις.

10 ἀπεκρίθη Ἰησοῦς καὶ εἶπεν αὐτῇ· εἰ ᾔδεις τὴν δωρεὰν τοῦ Θεοῦ, καὶ τίς ἐστιν ὁ λέγων σοι, δός μοι πιεῖν, σὺ ἂν ᾔτησας αὐτόν, καὶ ἔδωκεν ἄν σοι ὕδωρ ζῶν.

11 λέγει αὐτῷ ἡ γυνή· Κύριε, οὔτε ἄντλημα ἔχεις, καὶ τὸ φρέαρ ἐστὶ βαθύ· πόθεν οὖν ἔχεις τὸ ὕδωρ τὸ ζῶν;

12 μὴ σὺ μείζων εἶ τοῦ πατρὸς ἡμῶν Ἰακώβ, ὃς ἔδωκεν ἡμῖν τὸ φρέαρ, καὶ αὐτὸς ἐξ αὐτοῦ ἔπιε καὶ οἱ υἱοὶ αὐτοῦ καὶ τὰ θρέμματα αὐτοῦ;

13 ἀπεκρίθη Ἰησοῦς καὶ εἶπεν αὐτῇ· πᾶς ὁ πίνων ἐκ τοῦ ὕδατος τούτου διψήσει πάλιν·

14 ὃς δι᾿ ἂν πίῃ ἐκ τοῦ ὕδατος οὗ ἐγὼ δώσω αὐτῷ, οὐ μὴ διψήσῃ εἰς τὸν αἰῶνα, ἀλλὰ τὸ ὕδωρ ὃ δώσω αὐτῷ, γενήσεται ἐν αὐτῷ πηγὴ ὕδατος ἁλλομένου εἰς ζωὴν αἰώνιον.

15 λέγει πρὸς αὐτὸν ἡ γυνή· Κύριε, δός μοι τοῦτο τὸ ὕδωρ, ἵνα μὴ διψῶ μηδὲ ἔρχωμαι ἐνθάδε ἀντλεῖν.

16 λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς· ὕπαγε φώνησον τὸν ἄνδρα σου καὶ ἐλθὲ ἐνθάδε.

17 ἀπεκρίθη ἡ γυνὴ καὶ εἶπεν· οὐκ ἔχω ἄνδρα. λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς· καλῶς εἶπας ὅτι ἄνδρα οὐκ ἔχω·

18 πέντε γὰρ ἄνδρας ἔσχες, καὶ νῦν ὃν ἔχεις οὐκ ἔστι σου ἀνήρ· τοῦτο ἀληθὲς εἴρηκας.

19 λέγει αὐτῷ ἡ γυνή· Κύριε, θεωρῶ ὅτι προφήτης εἶ σύ.

20 οἱ πατέρες ἡμῶν ἐν τῷ ὄρει τούτῳ προσεκύνησαν· καὶ ὑμεῖς λέγετε ὅτι ἐν Ἱεροσολύμοις ἐστὶν ὁ τόπος ὅπου δεῖ προσκυνεῖν.

21 λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς· γύναι, πίστευσόν μοι ὅτι ἔρχεται ὥρα ὅτε οὔτε ἐν τῷ ὄρει τούτῳ οὔτε ἐν Ἱεροσολύμοις προσκυνήσετε τῷ πατρί.

22 ὑμεῖς προσκυνεῖτε ὃ οὐκ οἴδατε, ἡμεῖς προσκυνοῦμεν ὃ οἴδαμεν· ὅτι ἡ σωτηρία ἐκ τῶν Ἰουδαίων ἐστίν.

23 ἀλλ᾿ ἔρχεται ὥρα, καὶ νῦν ἐστιν, ὅτε οἱ ἀληθινοὶ προσκυνηταὶ προσκυνήσουσι τῷ πατρὶ ἐν πνεύματι καὶ ἀληθείᾳ· καὶ γὰρ ὁ πατὴρ τοιούτους ζητεῖ τοὺς προσκυνοῦντας αὐτόν.

24 πνεῦμα ὁ Θεός, καὶ τοὺς προσκυνοῦντας αὐτὸν ἐν πνεύματι καὶ ἀληθείᾳ δεῖ προσκυνεῖν.

25 λέγει αὐτῷ ἡ γυνή· οἶδα ὅτι Μεσσίας ἔρχεται ὁ λεγόμενος Χριστός· ὅταν ἔλθῃ ἐκεῖνος, ἀναγγελεῖ ἡμῖν πάντα.

26 λέγει αὐτῇ ὁ Ἰησοῦς· ἐγώ εἰμι ὁ λαλῶν σοι.

27 καὶ ἐπὶ τούτῳ ἦλθον οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ, καὶ ἐθαύμασαν ὅτι μετὰ γυναικὸς ἐλάλει· οὐδεὶς μέντοι εἶπε, τί ζητεῖς ἢ τί λαλεῖς μετ᾿ αὐτῆς;

28 Ἀφῆκεν οὖν τὴν ὑδρίαν αὐτῆς ἡ γυνὴ καὶ ἀπῆλθεν εἰς τὴν πόλιν, καὶ λέγει τοῖς ἀνθρώποις·

29 δεῦτε ἴδετε ἄνθρωπον ὃς εἶπέ μοι πάντα ὅσα ἐποίησα· μήτι οὗτός ἐστιν ὁ Χριστός;

30 ἐξῆλθον οὖν ἐκ τῆς πόλεως καὶ ἤρχοντο πρὸς αὐτόν.

31 Ἐν δὲ τῷ μεταξὺ ἠρώτων αὐτὸν οἱ μαθηταὶ λέγοντες· ραββί, φάγε.

32 ὁ δὲ εἶπεν αὐτοῖς· ἐγὼ βρῶσιν ἔχω φαγεῖν, ἣν ὑμεῖς οὐκ οἴδατε.

33 ἔλεγον οὖν οἱ μαθηταὶ πρὸς ἀλλήλους· μή τις ἤνεγκεν αὐτῷ φαγεῖν;

34 λέγει αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς· ἐμὸν βρῶμά ἐστιν ἵνα ποιῶ τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με καὶ τελειώσω αὐτοῦ τὸ ἔργον.

35 οὐχ ὑμεῖς λέγετε ὅτι ἔτι τετράμηνός ἐστι καὶ ὁ θερισμὸς ἔρχεται; ἰδοὺ λέγω ὑμῖν, ἐπάρατε τοὺς ὀφθαλμοὺς ὑμῶν καὶ θεάσασθε τὰς χώρας, ὅτι λευκαί εἰσι πρὸς θερισμὸν ἤδη.

36 καὶ ὁ θερίζων μισθὸν λαμβάνει καὶ συνάγει καρπὸν εἰς ζωὴν αἰώνιον, ἵνα καὶ ὁ σπείρων ὁμοῦ χαίρῃ καὶ ὁ θερίζων.

37 ἐν γὰρ τούτῳ ὁ λόγος ἐστὶν ὁ ἀληθινός, ὅτι ἄλλος ἐστὶν ὁ σπείρων καὶ ἄλλος ὁ θερίζων.

38 ἐγὼ ἀπέστειλα ὑμᾶς θερίζειν ὃ οὐχ ὑμεῖς κεκοπιάκατε· ἄλλοι κεκοπιάκασι, καὶ ὑμεῖς εἰς τὸν κόπον αὐτῶν εἰσεληλύθατε.

39 Ἐκ δὲ τῆς πόλεως ἐκείνης πολλοὶ ἐπίστευσαν εἰς αὐτὸν τῶν Σαμαρειτῶν διὰ τὸν λόγον τῆς γυναικός, μαρτυρούσης ὅτι εἶπέ μοι πάντα ὅσα ἐποίησα.

40 ὡς οὖν ἦλθον πρὸς αὐτὸν οἱ Σαμαρεῖται, ἠρώτων αὐτὸν μεῖναι παρ᾿ αὐτοῖς· καὶ ἔμεινεν ἐκεῖ δύο ἡμέρας.

41 καὶ πολλῷ πλείους ἐπίστευσαν διὰ τὸν λόγον αὐτοῦ,

42 τῇ τε γυναικὶ ἔλεγον ὅτι οὐκέτι διὰ τὴν σὴν λαλιὰν πιστεύομεν· αὐτοὶ γὰρ ἀκηκόαμεν, καὶ οἴδαμεν ὅτι οὗτός ἐστιν ἀληθῶς ὁ σωτὴρ τοῦ κόσμου ὁ Χριστός.

Français (Louis Segond)

5il arriva  dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.

6Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus , fatigué du voyage, était assis  au bord du puits. C’était environ la sixième heure.

7Une femme de  Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.

8Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

9La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? -Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. -

10Jésus lui répondit  : Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive.

11Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où aurais-tu donc cette eau vive ?

12Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ?

13Jésus lui répondit  : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;

14mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.

15La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.

16Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici.

17La femme répondit  : Je n’ai point de mari. Jésus lui dit : Tu as eu raison de dire :  Je n’ai point de mari.

18Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.

19Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.

20Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

21Femme, lui dit Jésus, crois-moi,  l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

22Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

23Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car  ce sont là les adorateurs que le Père demande.

24Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité.

25La femme lui dit : Je sais que le Messie doit venir (celui qu’on appelle Christ) ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

26Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.

27Là-dessus arrivèrent ses disciples,  qui furent étonnés de ce qu’il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : Que demandes-tu ? ou : De quoi parles-tu avec elle ?

28Alors la femme, ayant laissé sa cruche,  s’en alla dans la ville, et dit aux gens :

29Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce point le Christ ?

30Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.

31Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : Rabbi, mange.

32Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.

33Les disciples se disaient donc les uns aux autres : Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ?

34Jésus leur dit : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre.

35Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson  ? Voici, je vous le dis, levez les yeux , et regardez les champs qui  déjà blanchissent pour la moisson.

36Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que  celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.

37Car en ceci ce qu’on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.

38Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n’avez pas travaillé ; d’autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail.

39Plusieurs  Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle  de la femme :  Il m’a dit tout ce que j’ai fait.

40Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d’eux. Et il resta là deux jours.

41Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ;

42et ils disaient à la femme : Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde.

Unité de pensée

Le chapitre entier sert de contexte plus large à la lecture de ce dimanche. Il se compose de la lecture d’aujourd’hui sur la conversion des Samaritains, puis d’un retour à Capharnaüm où le Christ guérit le fils d’un officier du roi. La première unité se termine par la confession des Samaritains que le Christ est « vraiment le Sauveur du monde ». La seconde unité est un récit de miracle qui illustre la confession précédente : « Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. … Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée. » (Jn 4,50.54). Tout le chapitre est rempli d’expressions à double sens, d’ironie et d’exemples extraordinaires de franchissement des frontières et des tabous sur les plans religieux et ethnique. Le Christ est vraiment « le Sauveur du monde » (Jn 4,42).

Notes

Paul enseignait que l’Évangile de Dieu n’est rien d’autre que ce qu’« il avait promis auparavant de la part de ses prophètes dans les saintes Écritures » (Rm 1,1-2). Cette promesse devait se réaliser par son serviteur obéissant (Is 42 ; 49 ; 50 ; 52-53). Cependant, puisqu’il est le Dieu unique de tous, son salut devait inviter dans la nouvelle Jérusalem non seulement Jacob le désobéissant (qui avait été condamné à mort en exil), mais aussi toutes les nations, y compris les îles lointaines et les extrémités de la terre :

« Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations. … Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, Jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, Et que les îles espèrent en sa loi. Ainsi parle Dieu, l’Éternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent. … Il dit : C’est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de Jacob Et pour ramener les restes d’Israël : Je t’établis pour être la lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 42,1.3b-5 ; 49,6)

C’est précisément ainsi que se termine la lecture évangélique d’aujourd’hui : les Samaritains, non juifs, en viennent à « savoir qu’il est vraiment le Sauveur du monde ».

Les Samaritains, cependant, doivent renoncer à leur montagne, tout comme les Juifs à leur Jérusalem. La « vérité » de Dieu réside en ce qu’il n’est pas une statue qui a besoin d’un temple. Il s’est plutôt révélé dans la « parole » prophétique de la promesse, qui a finalement été consignée comme Écriture. De même, le même Dieu se révèle dans la « parole » apostolique de la promesse accomplie, qui a de nouveau été consignée comme Écriture dans l’Évangile de Jean [voir les notes exégétiques sur les lectures de Pâques et du dimanche de Thomas]. Par conséquent, ce sont les « paroles » de Jésus qui sont l’eau vive pour les Samaritains, tout comme ses « paroles » sont le pain de vie pour ses disciples (Jn 6,68). Le lien étroit entre notre péricope et celle du pain de vie est évident dans le fait que les paroles que Jésus adresse à la Samaritaine sont désignées comme « une nourriture que vous ne connaissez pas » (Jn 4,32). Cette nourriture consiste à proclamer la volonté de Dieu (Jn 4,34) inscrite dans les Écritures, ce que précisément Jésus est présenté comme faisant tout au long de l’Évangile de Jean.

Dans cet Évangile, Jésus est « le chemin, la vérité et la vie », c’est-à-dire qu’il montre « par ses paroles » le vrai chemin qu’il faut suivre pour parvenir à la vie éternelle. En effet, cette réponse est adressée à Thomas, qui demandait à la fois où va le Christ et comment y parvenir (Jn 14,5). De plus, dans sa réponse, Jésus insère : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » C’est donc par l’enseignement de Jésus, et non par sa « personne », que Dieu nous conduit à lui (nul ne vient au Père que par moi) : ce sont les « paroles » de Jésus qui sont les « œuvres » de Dieu. Même l’« œuvre » eschatologique du jugement de Dieu sera « opérée » par les « paroles » de jugement de Jésus :

« Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi  le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout  jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. En vérité, en vérité, je vous le dis,  celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis,  l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir  la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir  de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui  qui m’a envoyé. » (Jn 5,19-30)

Ressources complémentaires

Charles H. Talbert, Reading John, Crossroads Publishing Company, New York, 1992, p. 111 et suiv..

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 3: Johannine Writings, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2004, p. 156-159.