Unité de Pensée
La lecture d’aujourd’hui vient du Coeur du Sermon sur la montagne (Mt 5:1-7:29), qui constitue l’idée générale de notre pericope. Le cadre est introduit dans Matthieu 5:1-2. “A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit et ses disciples s’approchèrent de lui. Et, prenant la parole, il les enseignait:..”
Il va sans dire que Matthieu présente Jésus dans une mode semblable à Moise mais sur un plus haut niveau comme un nouveau rédempteur et un nouveau législateur. Mais il y a des différences signifiantes si l’on prend le temps de comparer les deux personnages et les “évènements” sur la montagne. Christ est présenté ici comme autoritaire, assis sur son siège, enseignant la volonté et les commandements de Dieu. “La loi du Christ” (Gal 6:2) ou “ la Loi de l’Esprit qui donne la vie” (Rom 8:2). Donc, les titres du “Sermon de la montagne” et “ les béatitudes” ne donnent pas la juste valeur à cette section de Matthieu qui est la loi définitive de Dieu transmise par le Prophète et le Fils de Dieu, Christ notre Seigneur.
Notes
La lecture de l’évangile commence par les versets 14 et 15 qui constituent les remarques finales de la prière du Seigneur, mettant l’accent sur la nécessité d’agir selon la volonté de Dieu.
Le Jeûne dans l’Ancien Testament est une expression de déplorer son péché. Ici on doit se repentir du péché par excellence, qui est l’absence d’amour envers le prochain. L’expression ultime de ceci serait le refus de pardonner les péchés de nos prochains (Mt 18:21-35 s’achève ainsi: “C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du Coeur.”)
La mention du trésor sur terre contre le trésor au ciel est citée ici parce que le trésor rappelle le temple. En effet, le temple de Jérusalem, comme tous les temples de son temps, fonctionnait comme une trésorerie (par exemple: les didrachmes que tout adulte juif était obligé de payer au temple et auxquels on fait référence dans Mt 17: 24-27). Alors, ce n’est pas le jeûne prescrit par les autorités du temple de Jerusalem qui assurera notre justesse, puisque le temple, comme tout bâtiment, est destructible et en effet il a été détruit en l’an 70 AD, et toutes les donations pour le préserver ont été gaspillées. Le véritable juste se repent devant le père céleste, qui demeure dans la Jérusalem céleste et non pas dans un temple construit par la main de l’homme. Ce père céleste voit et juge les pensées secrètes de nos coeurs et requiert un changement d’attitude et non pas le jeûne comme expression de repentir. Cela équivaut à entreposer notre trésor dans son temple céleste.