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Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

5e dimanche du Carême (sainte Marie l’Égyptienne)

Mc 10,32–45

Texte grec

32 Ἦσαν δὲ ἐν τῇ ὁδῷ ἀναβαίνοντες εἰς Ἱεροσόλυμα· καὶ ἦν προάγων αὐτοὺς ὁ Ἰησοῦς, καὶ ἐθαμβοῦντο, καὶ ἀκολουθοῦντες ἐφοβοῦντο. καὶ παραλαβὼν πάλιν τοὺς δώδεκα ἤρξατο αὐτοῖς λέγειν τὰ μέλλοντα αὐτῷ συμβαίνειν,

33 ὅτι ἰδοὺ ἀναβαίνομεν εἰς Ἱεροσόλυμα καὶ ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου παραδοθήσεται τοῖς ἀρχιερεῦσι καὶ γραμματεῦσι, καὶ κατακρινοῦσιν αὐτὸν θανάτῳ καὶ παραδώσουσιν αὐτὸν τοῖς ἔθνεσι,

34 καὶ ἐμπαίξουσιν αὐτῷ καὶ μαστιγώσουσιν αὐτὸν καὶ ἐμπτύσουσιν αὐτῷ καὶ ἀποκτενοῦσιν αὐτόν, καὶ τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ ἀναστήσεται.

35 Καὶ προσπορεύονται αὐτῷ Ἰάκωβος καὶ Ἰωάννης υἱοὶ Ζεβεδαίου λέγοντες· διδάσκαλε, θέλομεν ἵνα ὃ ἐὰν αἰτήσωμεν ποιήσῃς ἡμῖν.

36 ὁ δὲ εἶπεν αὐτοῖς· τί θέλετε ποιῆσαί με ὑμῖν;

37 οἱ δὲ εἶπον αὐτῷ· δὸς ἡμῖν ἵνα εἷς ἐκ δεξιῶν σου καὶ εἷς ἐξ εὐωνύμων σου καθίσωμεν ἐν τῇ δόξῃ σου.

38 ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτοῖς· οὐκ οἴδατε τί αἰτεῖσθε. δύνασθε πιεῖν τὸ ποτήριον ὃ ἐγὼ πίνω, καὶ τὸ βάπτισμα ὃ ἐγὼ βαπτίζομαι βαπτισθῆναι;

39 οἱ δὲ εἶπον αὐτῷ· δυνάμεθα. ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτοῖς· τὸ μὲν ποτήριον ὃ ἐγὼ πίνω πίεσθε, καὶ τὸ βάπτισμα ὃ ἐγὼ βαπτίζομαι βαπτισθήσεσθε·

40 τὸ δὲ καθίσαι ἐκ δεξιῶν μου καὶ ἐξ εὐωνύμων οὐκ ἔστιν ἐμὸν δοῦναι, ἀλλ᾿ οἷς ἡτοίμασται.

41 καὶ ἀκούσαντες οἱ δέκα ἤρξαντο ἀγανακτεῖν περὶ Ἰακώβου καὶ Ἰωάννου.

42 ὁ δὲ Ἰησοῦς προσκαλεσάμενος αὐτοὺς λέγει αὐτοῖς· οἴδατε ὅτι οἱ δοκοῦντες ἄρχειν τῶν ἐθνῶν κατακυριεύουσιν αὐτῶν καὶ οἱ μεγάλοι αὐτῶν κατεξουσιάζουσιν αὐτῶν·

43 οὐχ οὕτω δὲ ἔσται ἐν ὑμῖν, ἀλλ᾿ ὃς ἐὰν θέλῃ γενέσθαι μέγας ἐν ὑμῖν, ἔσται ὑμῶν διάκονος,

44 καὶ ὃς ἐὰν θέλῃ ὑμῶν γενέσθαι πρῶτος, ἔσται πάντων δοῦλος·

45 καὶ γὰρ ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου οὐκ ἦλθε διακονηθῆναι, ἀλλὰ διακονῆσαι, καὶ δοῦναι τὴν ψυχὴν αὐτοῦ λύτρον ἀντὶ πολλῶν.

Français (Louis Segond)

32Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver :

33Voici , nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes.  Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens,

34qui se moqueront de lui,  cracheront sur lui,  le battront de verges, et le feront mourir ; et,  trois jours après, il ressuscitera.

35Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons.

36Il leur dit : Que voulez-vous que je fasse pour vous ?

37Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.

38Jésus leur répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ?  Nous le pouvons,  dirent-ils.

39Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé ;

40mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé.

41Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean.

42Jésus les appela , et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent.

43Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ;

44et  quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous.

45Car  le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

Unité de pensée

Veuillez lire les commentaires des deux dimanches précédents. Ce qui importe dans la lecture d’aujourd’hui, c’est qu’elle est la troisième annonce de la Passion, de loin la plus longue et la plus détaillée (cf. 8,31-33 et 9,31). Jésus et ses disciples sont en chemin, montant à Jérusalem. Jésus tente de nouveau de parler à ses disciples des événements à venir, mais les disciples, de nouveau, ne comprennent rien à ce qu’il dit. Par un contraste saisissant, deux des disciples « colonnes », Jacques et Jean, demandent des places de pouvoir et de gloire dans le royaume du Christ. D’un côté il y a donc l’Évangile de Jésus souffrant et crucifié, et de l’autre les colonnes choisies recherchent l’évangile du pouvoir et des honneurs. Ce cadre permet au Christ d’expliquer en détail la nature du véritable discipulat et d’exprimer son Évangile de la souffrance et de la crucifixion. Remarquez encore que cette unité plus large se termine par la guérison du mendiant aveugle Bartimée (fils de celui qui est très honoré), qui « saisit » le message de l’Évangile et suit aussitôt le Christ « sur le chemin » de la croix.

Notes

Jacques et Jean, réputés colonnes de la Jérusalem terrestre (Ga 2,9), ne comprennent pas qu’après sa résurrection le Seigneur Jésus sera intronisé dans la nouvelle Jérusalem, où son Père règne exclusivement :

« Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination,  toute autorité et toute puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors  le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Co 15,22-28)

Le Seigneur lui-même n’a accédé à la Jérusalem céleste qu’en se soumettant à la volonté de son Père : « Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s’il était possible, cette heure s’éloignât de lui. Il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Mc 14,35-36). La place d’honneur est donc strictement entre les mains du maître de la maison, le Père de tous. Cela rend la demande des « colonnes » inacceptable, puisqu’ils se feraient honneur à eux-mêmes. En définitive, seul le Christ est à la place d’honneur, à la droite de Dieu.

Néanmoins, le Seigneur Jésus peut montrer le chemin vers le royaume de son Père : suivre son exemple en buvant la même coupe que lui. Puisqu’il l’a fait en « [étant venu] non pour être servi, mais pour servir » (διακονηθῆναι, ἀλλὰ διακονῆσαι ; 10,45), ses disciples sont tenus de faire de même.

L’exemple par excellence du discipulat est celui de Paul qui, bien qu’il eût une autorité apostolique sur ses convertis païens (1 Co 9,1-5) et fût ainsi « regardé comme le chef des nations », pouvant « les tyranniser » et « les asservir », décida de suivre la voie suivante : « Car, bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. … avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu,  étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. J’ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. » (πᾶσιν ἐμαυτὸν ἐδούλωσα ; 1 Co 9,19.21-22). Par conséquent, chaque disciple est invité à suivre son exemple en étant non seulement διάκονος (serviteur/ministre), comme Paul se désignait souvent en tant qu’apôtre, mais même « l’esclave de tous » (πάντων δοῦλος ; Mc 10,44).

Ressources complémentaires

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 1: Paul and Mark, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 1999, p. 199-200.