Unité de pensée
Après les célèbres béatitudes, notre section commence en se concentrant sur la place et la mission des disciples. Le contexte est ici le rôle et la mission prophétiques des disciples à l’égard d’Israël et des païens. Matthieu termine habilement cette section en soulignant la pleine force et la sainteté de la loi mosaïque comme expression de la volonté de Dieu, et le fait que son interprétation de cette loi est en pleine harmonie avec elle jusqu’à ce qu’elle soit entièrement accomplie. Rappelez-vous encore le contexte complet de cette section : une loi donnée directement par le Christ à ses disciples sur sa propre montagne en Galilée.
Notes
La lecture de dimanche dernier se terminait par un appel à chercher la justice de Dieu. La mention de cette justice encadre la lecture d’aujourd’hui. La section des béatitudes se termine par la déclaration suivante, centrée sur la persécution des justes : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » (Mt 5,10-12). La conclusion de la lecture d’aujourd’hui, qui fait partie intégrante de la péricope évangélique, est : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. » (v. 20).
De plus, le lien avec la lecture de dimanche dernier se trouve dans la mention de la « lumière », qui est la lumière que porte l’Évangile. La lecture précédente parlait de cette lumière en lien avec la vie telle que la prescrit l’Évangile. Ici, la lumière désigne l’enseignement évangélique qui doit être porté au monde entier — aux Juifs comme aux païens. Comme Paul l’enseignait, l’Évangile aux païens n’est rien d’autre que la parole de Dieu consignée dans l’Ancien Testament (Rm 1,1-2). C’est pourquoi Jésus précise ici que le royaume de Dieu est lié à la Loi et aux Prophètes, jusqu’à son iota — le iota étant la plus petite des lettres de l’alphabet hébreu. Cependant, alors que les pharisiens enseignent la parole de Dieu sans toujours la vivre (Mt 23,2-3), les disciples de Jésus doivent faire les deux s’ils veulent être « grands » dans le royaume, c’est-à-dire siéger aux places d’honneur : « Jésus leur répondit : Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël. » (19,28).