OCABS Toutes les notes

Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

24e dimanche après la Pentecôte

Lc 13,10–17

Texte grec

10 Ἦν δὲ διδάσκων ἐν μιᾷ τῶν συναγωγῶν ἐν τοῖς σάββασι. 11 καὶ ἰδοὺ γυνὴ ἦν πνεῦμα ἔχουσα ἀσθενείας ἔτη δέκα καὶ ὀκτώ, καὶ ἦν συγκύπτουσα καὶ μὴ δυναμένη ἀνακῦψαι εἰς τὸ παντελές. 12 ἰδὼν δὲ αὐτὴν ὁ Ἰησοῦς προσεφώνησε καὶ εἶπεν αὐτῇ· γύναι, ἀπολέλυσαι τῆς ἀσθενείας σου· 13 καὶ ἐπέθηκεν αὐτῇ τὰς χεῖρας· καὶ παραχρῆμα ἀνωρθώθη καὶ ἐδόξαζε τὸν Θεόν. 14 ἀποκριθεὶς δὲ ὁ ἀρχισυνάγωγος, ἀγανακτῶν ὅτι τῷ σαββάτῳ ἐθεράπευσεν ὁ Ἰησοῦς, ἔλεγε τῷ ὄχλῳ· ἓξ ἡμέραι εἰσὶν ἐν αἷς δεῖ ἐργάζεσθαι· ἐν ταύταις οὖν ἐρχόμενοι θεραπεύεσθε, καὶ μὴ τῇ ἡμέρᾳ τοῦ σαββάτου. 15 ἀπεκρίθη οὖν αὐτῷ ὁ Κύριος καὶ εἶπεν· ὑποκριτά, ἕκαστος ὑμῶν τῷ σαββάτῳ οὐ λύει τὸν βοῦν αὐτοῦ ἢ τὸν ὄνον ἀπὸ τῆς φάτνης καὶ ἀπαγαγὼν ποτίζει; 16 ταύτην δέ, θυγατέρα Ἀβραὰμ οὖσαν, ἣν ἔδησεν ὁ σατανᾶς ἰδοὺ δέκα καὶ ὀκτὼ ἔτη, οὐκ ἔδει λυθῆναι ἀπὸ τοῦ δεσμοῦ τούτου τῇ ἡμέρᾳ τοῦ σαββάτου; 17 καὶ ταῦτα λέγοντος αὐτοῦ κατῃσχύνοντο πάντες οἱ ἀντικείμενοι αὐτῷ, καὶ πᾶς ὁ ὄχλος ἔχαιρεν ἐπὶ πᾶσι τοῖς ἐνδόξοις τοῖς γινομένοις ὑπ᾿ αὐτοῦ.

Français (Louis Segond)

10Jésus enseignait dans une des synagogues,  le jour du sabbat.

11Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix -huit ans ; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser.

12Lorsqu’il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité.

13Et il lui imposa les mains.  À l’instant elle se redressa, et glorifia Dieu.

14Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sabbat , dit à la foule : Il y a six jours pour  travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat.

15Hypocrites !  lui répondit  le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son bœuf ou son âne, pour le mener boire ?

16Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat ?

17Tandis qu’il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient confus, et  la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu’il faisait.

Unité de pensée

La lecture d’aujourd’hui commence une unité de pensée qui se poursuit jusqu’à la fin du chapitre. Au centre de la scène se trouve le royaume de Dieu dans la personne et la puissance du Christ, que tous ne voient pas et ne comprennent pas. La femme est libérée de l’esclavage du malin comme « type » de la libération à venir. Elle fonctionne comme un signe. À la fin du chapitre, le Christ se dirige vers Jérusalem et son jugement pour avoir tué les prophètes et rejeté la parole de Dieu, avec l’annonce tragique que la plupart ne sauront pas « qui » il est jusqu’à la parousie. La lecture d’aujourd’hui est propre à Luc et conteste de nouveau une interprétation particulière de la Loi de Moïse par une autre interprétation, authentifiée par l’exorcisme du Christ.

Notes

Cette parabole vient en lien avec les commentaires précédents de Jésus :

« En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit  : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces dix -huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (v. 1-5)

Le lien est rendu clair par le nombre dix-huit : « Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix -huit ans ; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser. »

Jésus offre aux Juifs, en particulier à ceux qui avaient opté pour la révolte armée qui s’avéra désastreuse, une issue pour échapper au joug romain : être ouverts à ceux qui sont dans le besoin et considérer quiconque est dans le besoin comme digne d’une telle attention. Cela ne devrait pas être difficile à comprendre puisque, dans la Loi, la règle du soin des nécessiteux l’emporte sur toute autre. Le sabbat a en fait été institué pour donner la priorité sur toute autre chose à la « parole de Dieu », qui est le vrai pain et la source de la vraie vie.

Les disciples sont donc invités à porter, comme le ferait un apôtre (celui qui est envoyé), la parole de l’Évangile à tous, même aux ennemis. Sinon, c’est cette même parole qui se révélera être leur châtiment, comme aux jours des prophètes. Siloé et le nombre dix-huit au v. 4 rappellent Is 8,6 et Jr 32,1. De plus, Siloé est expliqué comme « envoyé » en Jn 9,7.11.

Ressources complémentaires

Charles H. Talbert, Reading Luke, Smith & Helwys Publishing, Macon, GA, 2002, p. 163-168.

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 1: Paul and Mark, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 1999, p. 150.

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 2: Luke and Acts, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2001, p. 112-114.

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 3: Johannine Writings, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2004, p. 191-193.