Unité de pensée
La lecture d’aujourd’hui commence une unité de pensée qui se poursuit jusqu’à la fin du chapitre. Au centre de la scène se trouve le royaume de Dieu dans la personne et la puissance du Christ, que tous ne voient pas et ne comprennent pas. La femme est libérée de l’esclavage du malin comme « type » de la libération à venir. Elle fonctionne comme un signe. À la fin du chapitre, le Christ se dirige vers Jérusalem et son jugement pour avoir tué les prophètes et rejeté la parole de Dieu, avec l’annonce tragique que la plupart ne sauront pas « qui » il est jusqu’à la parousie. La lecture d’aujourd’hui est propre à Luc et conteste de nouveau une interprétation particulière de la Loi de Moïse par une autre interprétation, authentifiée par l’exorcisme du Christ.
Notes
Cette parabole vient en lien avec les commentaires précédents de Jésus :
« En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces dix -huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (v. 1-5)
Le lien est rendu clair par le nombre dix-huit : « Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix -huit ans ; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser. »
Jésus offre aux Juifs, en particulier à ceux qui avaient opté pour la révolte armée qui s’avéra désastreuse, une issue pour échapper au joug romain : être ouverts à ceux qui sont dans le besoin et considérer quiconque est dans le besoin comme digne d’une telle attention. Cela ne devrait pas être difficile à comprendre puisque, dans la Loi, la règle du soin des nécessiteux l’emporte sur toute autre. Le sabbat a en fait été institué pour donner la priorité sur toute autre chose à la « parole de Dieu », qui est le vrai pain et la source de la vraie vie.
Les disciples sont donc invités à porter, comme le ferait un apôtre (celui qui est envoyé), la parole de l’Évangile à tous, même aux ennemis. Sinon, c’est cette même parole qui se révélera être leur châtiment, comme aux jours des prophètes. Siloé et le nombre dix-huit au v. 4 rappellent Is 8,6 et Jr 32,1. De plus, Siloé est expliqué comme « envoyé » en Jn 9,7.11.
Ressources complémentaires
Charles H. Talbert, Reading Luke, Smith & Helwys Publishing, Macon, GA, 2002, p. 163-168.
Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 1: Paul and Mark, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 1999, p. 150.
Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 2: Luke and Acts, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2001, p. 112-114.
Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 3: Johannine Writings, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2004, p. 191-193.