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Notes exégétiques pour la prédication et l’enseignement · Paul Nadim Tarazi

10e dimanche après la Pentecôte

Mt 17,14–23

Texte grec

14 Καὶ ἐλθόντων αὐτῶν πρὸς τὸν ὄχλον προσῆλθεν αὐτῷ ἄνθρωπος γονυπετῶν αὐτὸν καὶ λέγων· 15 Κύριε, ἐλέησόν μου τὸν υἱόν, ὅτι σεληνιάζεται καὶ κακῶς πάσχει· πολλάκις γὰρ πίπτει εἰς τὸ πῦρ καὶ πολλάκις εἰς τὸ ὕδωρ. 16 καὶ προσήνεγκα αὐτὸν τοῖς μαθηταῖς σου, καὶ οὐκ ἠδυνήθησαν αὐτὸν θεραπεῦσαι. 17 ἀποκριθεὶς δὲ ὁ Ἰησοῦς εἶπεν· ὦ γενεὰ ἄπιστος καὶ διεστραμμένη! ἕως πότε ἔσομαι μεθ᾿ ὑμῶν; ἕως πότε ἀνέξομαι ὑμῶν; φέρετέ μοι αὐτὸν ὧδε. 18 καὶ ἐπετίμησεν αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς, καὶ ἐξῆλθεν ἀπ᾿ αὐτοῦ τὸ δαιμόνιον καὶ ἐθεραπεύθη ὁ παῖς ἀπὸ τῆς ὥρας ἐκείνης. 19 Τότε προσελθόντες οἱ μαθηταὶ τῷ Ἰησοῦ κατ᾿ ἰδίαν εἶπον· διατί ἡμεῖς οὐκ ἠδυνήθημεν ἐκβαλεῖν αὐτό; 20 ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτοῖς· διὰ τὴν ἀπιστίαν ὑμῶν. ἀμὴν γὰρ λέγω ὑμῖν, ἐὰν ἔχητε πίστιν ὡς κόκκον σινάπεως, ἐρεῖτε τῷ ὄρει τούτῳ μετάβηθι ἐντεῦθεν ἐκεῖ, καὶ μεταβήσεται, καὶ οὐδὲν ἀδυνατήσει ὑμῖν. 21 τοῦτο δὲ τὸ γένος οὐκ ἐκπορεύεται εἰ μὴ ἐν προσευχῇ καὶ νηστείᾳ.

 22 Ἀναστρεφομένων δὲ αὐτῶν εἰς τὴν Γαλιλαίαν εἶπεν αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς· μέλλει ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου παραδίδοσθαι εἰς χεῖρας ἀνθρώπων 23 καὶ ἀποκτενοῦσιν αὐτόν, καὶ τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ ἐγερθήσεται. καὶ ἐλυπήθησαν σφόδρα.

Français (Louis Segond)

14Lorsqu’ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter à genoux devant Jésus , et dit :

15Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement ;  il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l’eau.

16Je l’ai amené à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir.

17Race incrédule et perverse, répondit  Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ici.

18Jésus parla sévèrement au démon,  qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même.

19Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier : Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon ?

20C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible.

21Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne.

22Pendant qu’ils parcouraient  la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ;

23ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera.  Ils furent profondément attristés.

Unité de pensée

La lecture d’aujourd’hui achève une sous-section qui a commencé en 16,21. Ici Matthieu répète de nouveau le verset d’introduction : « Pendant qu’ils parcouraient  la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera.  Ils furent profondément attristés. » (17,22-23). Ce qui est intéressant dans cette section, c’est qu’elle suit immédiatement la Transfiguration. Jésus a été « absent », pour ainsi dire, et les disciples sont donc laissés seuls pour poursuivre son œuvre (ce qui est très semblable aux deux dimanches précédents tirés de Matthieu 14). Inutile de dire que les disciples sont impuissants et réprimandés pour leur incrédulité. La situation préfigure fortement ce qui pourrait arriver après la mort et la résurrection du Christ, qui sont maintenant au premier plan de l’Évangile.

Notes

(Les notes du 4e dimanche du Carême sont reproduites ici, car elles sont semblables à la lecture d’aujourd’hui.)

Le message offert aux païens (remarquez la mention de la « foule » au v. 17 et de la Galilée au v. 30) est une parole d’enseignement (remarquez qu’on s’adresse à Jésus comme maître au v. 17, et le reproche fait aux disciples de ne pas avoir mis leur foi/confiance [ἄπιστος] dans la parole/l’enseignement de Jésus, qui fait pleinement autorité comme la Loi et les Prophètes [v. 4]). Le manque de foi des disciples contraste avec la foi du père païen (v. 23).

L’incapacité des disciples à guérir tient à ce qu’ils n’ont pas encore accepté l’appel de Jésus à répandre sa parole au-delà des limites du judaïsme. Pierre voulait retenir Jésus sur la montagne, sous une tente, en compagnie de Moïse et d’Élie, c’est-à-dire de la Loi et des Prophètes. Cependant, il a été demandé aux disciples d’écouter (d’obéir à) l’enseignement de Jésus, qui seul demeure avec eux (v. 7-8). Son enseignement, que les disciples ne comprendront pleinement qu’après sa résurrection (v. 10), est qu’ils devaient descendre de la montagne (v. 9) pour suivre Jésus jusqu’à sa mort et sa résurrection (v. 31) et, au-delà, finalement jusqu’à la Galilée des nations (Mc 16,7), où il les conduit déjà maintenant (9,30). Tel est l’enseignement de Jésus (v. 31 : il enseignait ses disciples) que les disciples avaient été invités auparavant à écouter. À moins que les disciples ne soient disposés à se rassembler avec les païens ἐν προσευχῇ (pour élever, au même endroit et d’une seule voix, leur prière vers l’unique Père de tous), il n’y aura pas de guérison pour les païens, à qui les disciples sont censés prêcher l’Évangile sans honte (8,38). Plus grave encore, les disciples eux-mêmes seront condamnés comme une « génération incrédule » (v. 19), c’est-à-dire comme la « génération adultère et pécheresse ».

Ressources complémentaires

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 1: Paul and Mark, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 1999, p. 192.

Paul Nadim Tarazi, New Testament Introduction, Vol. 2: Luke and Acts, St Vladimir’s Seminary Press, Crestwood, NY, 2001, p. 72-73.